On aime… Joe Bel et on l’interview

Joe bel

C’est dans le très bel Hôtel Idol que nous avons rencontré la jeune et talentueuse Joe Bel pour une interview musicale placée sous le signe soul-folk. Après un très bel premier EP « In the City », la jolie grenobloise revient avec un deuxième opus « Hit The Roads » qui sortira cette semaine. Mais tout d’abord, place à la rencontre…

Tu as fait des études d’art, comment es-tu arrivée à la musique ?

C’est la musique qui a débarqué dans ma tête il y a très longtemps. J’ai toujours chantonné, inventé des petites mélodies, des petits trucs que je gardais pour moi. Mais je ne prenais pas ça au sérieux. Au bout d’un moment j’avais besoin que ça sorte, de le partager. J’ai jamais osé dire « Hey j’aimerai bien jouer de la musique, faire des concerts ! ». C’est en rencontrant des musiciens, des potes de potes qui m’avaient entendue chanter qui m’ont beaucoup encouragée et m’ont dit de me lancer. Les encouragements de certaines personnes légitimes, m’ont fait réfléchir. Et comme j’avais déjà une quinzaine de chansons que j’écrivais et enregistrais sur mon dictaphone en amphi à la fac, je me suis lancée !

Tu as donc débuté ta carrière à Grenoble. Comment s’est passé ton premier concert ?

J’ai fait quelques dates oui mais c’est principalement à Lyon que j’en ai fait le plus. Le premier concert que j’ai fait je ne savais pas du tout comment j’allais réagir. Est-ce que j’arriverai à reproduire ce que je faisais dans ma chambre, à être aussi détendue, sans voix serrée, sans aprioris, sans peur du jugement des autres… Et finalement, j’étais hyper timide, je fermais les yeux pour ne pas voir les gens, mais ma voix est sortie presque comme quand je suis chez moi. Et c’est là que je me suis dit que j’étais capable même si j’ai peur. Ça m’a donné beaucoup de courage. Si je m’étais plantée, j’aurai arrêté de suite je pense. 

Comment a réagi ta famille ?

Ils n’ont pas compris. Mais grands-parents étaient paniqués ! (ndlr: rires) Comme je n’avais jamais parlé de musique, ni même chanté devant eux, la nouvelle est tombée comme ça !  Ils ont mis des réserves et ne comprenaient pas. Ils se disaient que c’était une manière pour moi d’abandonner mes études. Puis un jour j‘ai montré un article dans « Le Progrès » (journal lyonnais) à mon père. J’étais annoncée en première partie de Corneille au Transbordeur, une grande salle de Lyon. C’est là qu’il a pris conscience que des gens écoutaient ma musique et que si les gens du milieu me programmaient c’est que j’étais sûrement douée. 

Tu as tourné avec Asaf Avidan. Comment ça s’est passé avant, pendant ? Qu’est ce que ça t’a apporté ?

Ça faisait à peine un an que je montais sur scène et ne faisais que de la musique. Son producteur de spectacle lui a proposé plusieurs artistes pour faire sa première. Je ne savais même pas que j’étais sur la liste. C’est après qu’on a appelé mon manager en lui demandant si j’étais disponible pour partir dans deux semaines et demi, pour une tournée d’un mois avec Asaf Avidan. J’y croyais pas !  On avait 12h pour réponde. J’ai dû annuler des trucs que j’avais dont une première partie de Tryo. Mais bon, je ne pouvais pas refuser 17 concerts et surtout L’Olympia avec Asaf.

C’était très flippant. C’était que des salles blindés qui attendaient Asaf Avidan. Finalement, j’ai eu un super accueil du public à chaque fois. Certaines dates, les gens étaient à fond, ils chantaient avec moi.

Ça m’a appris beaucoup de choses techniquement. J’ai beaucoup observé Asaf. Lui fait 3h de balances par concert. Moi je n’y connaissais rien. Du coup, j’ai appris à oser dire les choses et à surtout à savoir techniquement ce que je voulais. Dans la façon de travailler c’est un bosseur de ouf ! Il est exigent mais il faut ça pour que ça défonce sur scène. Il a une vision, il ose la défendre jusqu’au bout. 

Tu étais toute seule, en guitare-voix ?

Je devais être en guitare voix mais j’ai eu une entorse au bras 1 mois avant le début de la tournée. Quand ils nous ont appelés, j’étais toujours blessée. On a demandé si je pouvais venir avec un guitariste. Une grande première pour moi car je n’ai jamais « juste » chanté. J’ai dû trouver un guitariste qui devait apprendre à jouer comme moi. On a beaucoup travaillé pour qu’il ait le même son que moi. Comme je suis autodidacte j’ai ma façon à moi de jouer. Je ne voulais pas qu’on perde ça. Et là, je me suis retrouvée pour la première fois devant 3 000 personnes, au micro sans guitare, juste à chanter. Le saut dans le vide ! C’était un stage en entreprise accéléré « Apprendre le métier de chanteuse ». Quand je joue seule, je m’auto accompagne. Il y a quelque chose de plus fluide. Quand tu joues avec des personnes que tu ne connais pas, tu es moins confortable. J’ai appris à communiquer avec les gens, le public. A m’adapter et écouter ce qu’il se passe autour de moi sur scène. Ça était vraiment très formateur. 

Premier EP, voix guitare, un deuxième différent. C’était évident pour toi de le faire comme ça cet EP ?

J’ai toujours eu dans ma tête, même dans le premier EP, beaucoup de choses. Quand je faisais de la guitare voix sur scène j’entendais les différentes parties (basses, batterie…). J’ai toujours eu une ligne globale quand je compose. J’ai même commencé des compos par une ligne de basse ! Ça me paraissait illogique de faire un premier EP hyper arrangé alors que sur scène je suis juste avec ma guitare. Je voulais rester en phase avec la réalité. Et puis, ça n’est pas évident de produire un truc orchestré, il faut trouver les musiciens, etc. Je suis restée dans quelque chose de simple, épurée mais j’ai toujours pensé à la direction que ça pouvait prendre, même avant mes premiers concerts. C’était une évidence de faire cette musique là. Ça faisait des années que j’avais ça en tête. Du coup, ce deuxième EP est libérateur ! Je peux enfin partager avec les gens ce qu’il y a au fond de ma tête. J’ai aussi des chansons épurées parce qu’elles ne sont pas destinées à être arrangés. Mais je n’ai pas réfléchi à comment ça va sonner, si je vais mettre de la batterie, etc. Au final, ça c’est enrichit. Il faut savoir que sur le disque on est seulement deux. Un multi-instrumentiste et moi. Du coup, la formation n’existe pas vraiment encore. Mais l’objectif est de pouvoir jouer tout ça en live en vrai. 

Tous tes textes, sont anglais. Tu penses composer en français ou c’est quelque chose qui ne t’attire pas ?

Le français c’est une passion. J’ai fait des études de langue. La langue française c’est un peu ma religion. Donc forcément c’est quelque chose qui me trotte dans la tête, j’ai beaucoup d’idées. Mais pour l’instant je n’ai pas eu d’évidence comme quand ça me vient en anglais avec la mélodie, la ligne de basse… pour l’instant ça n’a pas été aussi claire donc j’ai laissé de côté. Après c’est pas évident de se demander est-ce que je fais un album qu’en anglais, qu’en français, la moitié en français. J’ai pas du tout encore réfléchi à ça mais c’est sûr que ça serait le top de pouvoir m’exprimer dans ces deux langues là.

Tu vas faire la première partie d’Igit à La Maroquinerie le 17 mars prochain. Tu as déjà pensé à faire une émission musicale comme lui sur The Voice ?

On m’a appelée plusieurs fois. En fait, je n’ai jamais fait de reprises et je n’ai pas l’âme d’une interprète. Je ne sais pas si j’arriverai à chanter autres choses que mes propres chansons. Comme ce format impose de reprendre des chansons, je ne me suis jamais dit « ça me parle ! ». Je n’ai pas d’apriori négatif mais je ne me sens pas en phase avec ce côté de reprises, d’interprète. Ce côté spectacle, interprétation c’est un autre monde pour moi. C’est un autre métier, une autre façon de faire. Mais ça se trouve j’aimerais ce genre d’exercices ! 

Si tu devais retenir un parfum, une ville, un homme, une femme et un objet ?

– Un parfum : Je ne mets pas de parfum. Mais j’ai un petit parfum qu’on m’a offert, odeur vanille, monoï quelque chose de chaud. Juste pour les occasions.

– Une femme – un homme  : Ma mère et mon père !

– Une ville : Lyon. J’adore y vivre, c’est ma ville d’adoption. C’est là où j’ai fait mon premier concert, où les gens m’ont soutenue. Et c’est aussi une très belle ville. 

– Un objet : mon dictaphone ! Comme je suis tête en l’air, si je n’avais pas cet objet pour me rappeler de mes idées quand je suis dans le bus, quand je marche, j’oublierai totalement. 

Joe Bel nous a également révélé ses 3 plus belles salles de concerts où elle a joué, à retrouver dans notre rubrique #DanL

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