On aime… Helmut et on l’interview

helmut

Raconte nous un peu ton parcours.

J’ai toujours fait de la musique. J’ai eu une première vie en costume/cravate qui m’a absolument découragé du système classique.
Je suis dans la musique corps et âme depuis bientôt dix ans. J’ai galéré quelques années avant d’avoir ce gros succès en 2009 avec la chanson « Ça m’énerve » mais je ne suis pas devenu fou ! J’ai appris à connaître le milieu, les gens, la manière de fonctionner de ce métier. Sans ce succès là, je n’aurai sûrement pas pu faire mon nouvel album, parce que j’ai rencontré des gens au top grâce à ça.
Aujourd’hui, je pense que je suis bien à ma place avec ce nouveau disque.

Tu as été absent des médias quelques temps, qu’as tu fait pendant cette période ?

J’étais absent des médias c’est vrai mais j’ai fait beaucoup de concerts. Au total, on a dû faire pas loin de 200 dates dans cinq ou six pays, tout ça grâce à l’impact de « Ça m’énerve ». Ensuite, je me suis enfermé en studio pendant un an et je n’ai fait que rencontrer des gens, écouter des sons, écrire des textes. Quand je sortais, c’était pour faire des concerts caritatifs ou aller à des petits évènements où je rencontrai des gens du milieu de la musique qui sont devenus les gens avec qui j’ai fait le deuxième album.

Finalement, je n’ai rien arrêté mais dans la tête des gens, quand tu n’es plus médiatisé, ils se disent que tu as disparu alors que pas du tout ! Il y a eu d’abord cette longue tournée, puis la fabrication du double album « Décalage immédiat » qui a duré un an, ce qui, pour moi, est beaucoup parce que j’aime bien faire des morceaux en cinq minutes. Seulement quand tu as commencé un travail, que tu as eu certaines qualités sonores et que tu as rencontré des gens très exigeants, tu le deviens aussi. Cela a changé ma façon de travailler.
Dans ce disque, tout est fignolé, travaillé. Il a fallu beaucoup de soin pour arriver à ce résultat-là.

Pourquoi n’avoir gardé que le nom « Helmut » pour cet album ?

« Helmut Fritz » renvoyait toujours à « Ça m’énerve », qui est un personnage que les gens ont pris comme un one shot de l’été 2009 pour danser sans se demander si c’était un artiste. J’ai donc voulu envoyer un signal tout de suite pour dire « attention, il y a du travail, vous allez être surpris des productions, des écritures et des duos sur une ambiance music-hall ». « Helmut Fritz » fait encore sourire trop de gens, y compris les programmateurs radio et comme j’estime avoir franchi un cap en terme de production, je voulais le montrer tout de suite, par le nom.

Pourquoi avoir choisi le titre « Décalage immédiat » ?

C’est tout simplement le décalage entre les deux disques. Dans un premier, il y a des compos électro/pop puis dans le deuxième, des titres avec une vibe un peu « variété ». Rien à voir au premier abord, puis quand tu écoutes le double-album, tu retrouves une logique. Le deuxième disque fait un peu plus revivre le « Helmut » d’il y a quatre ans parce qu’il est plus avec des interventions « joke » (drôle NDLR).
Le premier est assez sombre, sarcastique et il est vrai que tu n’exploses pas de rire quand tu l’écoutes. C’est ce que je voulais car on est en France et c’est dur de se décoller des étiquettes, je voulais sortir de cet a priori de chanteur-humoriste qu’ont encore certains médias. Je pense que dans l’électro tu peux amener un univers bien produit avec de très bons textes sans prétention et mauvais orgueil, comme ce que faisait Dutronc à l’époque. Sauf que là, il y a encore un effet de timbre très marqué, c’est plus vraiment de l’accent allemand, il y a une espèce de mutation. Même moi, je ne sais pas trop comment ça va se passer après (Rires).

As-tu un titre qui te tiens particulièrement à cœur sur cet album ?

« Plus là », le nouveau single. Pour ce que ça raconte, pour la production de Toxic Avenger, qui, pour moi, est fatale. Le clip aussi que j’adore dont j’ai écrit le scénario, auto-congratulation (Rires). Ce clip a été superbement réalisé par un mec très, très fort qui a bien compris la couleur que je voulais donner au support visuel.
C’est la première fois que je m’autorise un titre mélancolique avec l’avatar d’Helmut et c’est un titre avec un vrai refrain chanté donc c’est plus pop et cela montre encore une autre facette de ce que je sais faire.

Pourquoi avoir choisi de faire des reprises sur le deuxième album et pourquoi avec ces personnes-là ?

Ce ne sont que des rencontres, ce ne sont pas des gens que j’ai appelé.
Barbara Shulz je l’ai rencontrée sur la route, elle en mini Cooper et moi en scooter. Elle a ouvert sa vitre et m’a dit qu’elle adorait « Miss France », que c’était un super titre. Je lui ai dit « merci, au revoir » et on ne s’est jamais revus. Donc là, c’était l’occasion de la rappeler pour lui demander si ça lui disait d’être sur mon album. Elle habite à New-York et est venue exprès une semaine en France pour venir une journée en studio alors qu’elle n’avait jamais chanté, c’était génial.

Philippe Katerine c’est parce que je l’ai sollicité il y a deux ans. C’était énormissime, on s’est donné rendez-vous Place Victor Hugo et il est arrivé tout en lin blanc : une chemise en lin blanc, un pantalon en lin blanc, un chapeau blanc. On aurait dit un armateur ! (Rires). A cette époque, je voulais qu’on fasse un titre original mais il n’a pas voulu car il ne le sentait pas et ne voulait pas assumer un titre. Quand j’ai démarré le projet de reprises, je me suis dit que j’allais le rappeler et insister. Il a accepté !

Pep’s est un pote, Phlippe Laville, rencontré dans les coulisses d’un concert contre le cancer où on a eu des discussions de vieux loups car on avait trop bu. On s’est revus à Paris, je lui ai demandé s’il se souvenait de ce moment-là, il m’a dit « oui, on a vraiment fait les vieilles canailles ». Du coup on a repris « Les vieilles canailles ».

Tes coups de cœur musicaux du moment ?

En ce moment je passe beaucoup de temps à écouter des productions de Djs, de mecs de l’est, de Los Angeles.
Il y a un mec qui vient d’être signé en France, qui vient du Quebec, il s’appelle Peter Peter et qui fait de la pop avec des petites touches d’électro. C’est un génie de l’écriture. C’est à découvrir !
Je ne suis pas super client de tout ce qui tourne en radio en général, ce qui peut être surprenant car je fais de la musique qui est aussi radiophonique. Mais je n’ai pas de vrais coups de cœur comme ça.

Il faut quand même que je vous parle de Toma qui a fait les bâtisseurs de France et qui a fait un très bon album et qui pour moi, n’est pas assez mis en valeur. Il n’y a pas assez de regards tournés vers son travail mais c’est son premier album donc c’est un peu tôt. C’est très, très bien écrit.

Tes bons plans et tes bonnes adresses ?

Ce n’est pas très original mais je vais beaucoup au « Coffee Parisien« , situé au 4 rue Princesse dans le VI ème arrondissement de Paris. J’adore manger des œufs « bénédicte ».
Ma cantine, c’est le « Comptoir de l’Arc » au 73 avenue Marceau dans le XVI ème. On y mange très bien et le personnel est super cool. C’est la grosse mode des burgers à Paris en ce moment, j’aime bien « Frog Burger« , c’est au 19 rue Fbg St-Antoine, près de Bastille. C’est une formule à emporter qui défonce à 15€. Je n’ai pas testé le « Camion qui fume » car attendre 2H dans le froid pour un steack haché je n’ai pas le courage.
Si vous aimez la viande, il y a le « Beef club » au 58 rue Jean-Jacques Rousseau dans le 1er. Il faut réserver longtemps à l’avance, leur façon de cuire la viande est atomique.

Sinon je vais chez « Colette » au 213 rue Saint-Honoré dans le 1er. Chez « L’Eclaireur« , 10 rue Boissy d’Anglas dans le VIII ème.
Pour tout ce qui est « sportswear », il y a tout ce qu’il faut chez « Citadium« , 56 rue de Caumartin dans le IX ème. J’ai découvert une petite marque qui s’appelle « Pigalle » au 7 rue Henry-Monnier dans le IX ème. C’est du « streetwear » mélangé avec du « workwear », c’est tout petit mais c’est très bien avec une ambiance cool, l’éclairage est assez bizarre, ce n’est pas mal !

J’adore Paris donc j’adore me balader partout. J’ai découvert le « Silencio » au 142 rue Montmartre dans le II ème que je connaissais pas. C’est le club de David Lynch et tu rentres dans un de ses films. A l’entrée, il fait noir, le mec est habillé en noir, il a un iPad avec la liste, il n’y a rien autour, juste ça. Déjà, tu te dis que ça se la raconte bien ! Ensuite tu descends trois étages je crois, t’es dans les marches et il n’y a pas un bruit, tu dis qu’il ne peut pas y avoir de club ici, que c’est impossible. Ils en profitent pour faire à chaque fois une expo photos d’artistes donc tu prends bien ton temps dans les marches. Et ce que je trouve super fort, c’est très bête ce que je vais dire, c’est que tu arrives face à une porte, tu ouvres toi même la porte, comme si tu rentrais chez toi ou chez quelqu’un et tu rentres dans le club et tu te prends la décoration, le son, etc. Ils ont un cocktail qui tue que je vous invite à essayer : le « Blue lagoon » qui est un dérivé du mojito. Alors il y a de la menthe, du rhum vieilli avec de la bergamote, il y a un sirop de vanille maison et du champagne. C’est fantastique ! 

Si tu devais nous citer un parfum, un homme, une femme, une ville, un objet et une devise ?

Un parfum : Arsène Lupin Voyou de Guerlain.

Un homme : Joaquin Phoenix.

Une femme : La jeune Cara Delevingne, la nouvelle top modèle anglaise. Ce que j’aime bien c’est qu’elle est magnifique et c’est une peste. Sur toutes les photos elle fait des grimaces alors qu’elle a une tête d’ange, elle est assez folle et je trouve qu’elle symbolise bien la folie de ce métier.

Une ville : Paris.

Un objet : Ce putain d’iPhone !

Une devise : « De la considération des obstacles vient l’échec. De la considération des moyens la réussite », de Pantcha-Tantra. J’aime bien ce leitmotiv.

Tes projets et tes envies ?

Mes envies c’est que les gens arrêtent de se dire « on est en France, on est dans des cases ». Je ne supporte plus ce discours. J’en ai tellement marre d’entendre ça. Je ne referai pas le monde à moi tout seul, je suis très lucide là-dessus. J’aimerai que les gens aient plus de curiosité. Je trouve qu’on est dans une société sur-gavée d’informations et d’artistes. Et le fait de consommer la musique et les artistes comme ça, c’est symptomatique de l’époque et c’est dangereux. Je trouve qu’aujourd’hui, on ne laisse pas suffisamment la place aux chanteurs qui font un tube, d’exprimer par la suite leur univers.
L’autre jour j’étais au Vendôme et tout le monde avait la tête dans leur smartphone, et personne ne se parlait. Ce putain d’iPhone comme je disais !
Voilà, c’était la minute larme d’Helmut. (Rires).

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